PV pour non-désignation
Le défaut de désignation du conducteur dans le délai légal est une contravention de 4e classe. La sanction s'ajoute à l'amende initiale et peut être multipliée par cinq pour la personne morale.

L'article R. 121-6 du Code de la route érige le défaut de désignation en contravention de 4e classe. Concrètement, lorsque le représentant légal d'une personne morale ne communique pas l'identité du conducteur dans les 45 jours suivant l'envoi de l'avis de contravention, il s'expose à une amende forfaitaire de 675 €.
À quoi ressemble un PV pour non-désignation
Depuis le 1er janvier 2017, le PV pour non-désignation se présente sous la forme d'un avis de contravention ordinaire, ce qui peut prêter à confusion. À gauche de l'adresse figure un rappel du type : un véhicule de la flotte a fait l'objet d'un avis de contravention, et la personne morale, tenue de désigner avant une date donnée la personne physique qui conduisait, a commis l'infraction décrite faute d'avoir procédé à cette désignation.
Plus bas, un encadré porte un libellé sans équivoque : « non-désignation d'une personne physique / non-transmission de l'identité et de l'adresse du conducteur par le responsable légal de la personne morale détenant le véhicule ». C'est ce libellé qui permet d'identifier avec certitude qu'il s'agit d'un PV pour non-désignation, distinct de l'avis de contravention initial.
La mécanique des deux amendes
En cas de non-désignation, le représentant légal supporte deux amendes distinctes : l'amende initiale correspondant à l'infraction routière constatée (par exemple 68 € pour un excès de vitesse inférieur à 20 km/h hors agglomération) et l'amende de non-désignation de 675 €. La personne morale peut quant à elle être poursuivie pour une amende multipliée par cinq, soit 3 750 €.
Minoration et majoration
- Paiement rapide (15 jours) : amende minorée à 450 €
- Paiement dans les délais normaux : 675 €
- Retard ou absence de paiement : majoration à 1 875 €
À cela s'ajoutent les frais de Trésor public en cas de majoration, ce qui peut porter la facture globale à plusieurs milliers d'euros pour un excès de vitesse initialement modeste.
Fausse désignation : un délit pénal
Désigner une personne qui n'était pas au volant afin de « protéger » les points du vrai conducteur constitue un faux en écriture publique au sens de l'article 441-1 du Code pénal, puni de trois ans d'emprisonnement et de 45 000 € d'amende. Les enquêtes sont fréquentes : géolocalisation des téléphones, vidéosurveillance, recoupements de témoignages. Notre cabinet déconseille formellement cette pratique et met en place des alternatives légales.
Réponses aux questions fréquentes
Nous contacterChauffeur VTC : que risque mon activité en cas de perte de points ?
La carte professionnelle VTC est délivrée sous conditions. Toute condamnation pour délit routier (alcool > 0,8 g/l, stupéfiants, grand excès ≥ 50 km/h, délit de fuite, homicide/blessures involontaires) entraîne le retrait de la carte professionnelle. La préfecture peut aussi refuser le renouvellement pour contraventions cumulées.
Taxi et suspension de permis : quelles conséquences ?
Une suspension administrative ou judiciaire signifie l'impossibilité d'exercer. L'ADS (Autorisation De Stationnement) peut être retirée au bout de 3 mois d'inactivité. Les conséquences majeures sont la perte d'emploi, la perte de l'ADS (valeur marchande 60 000 à 200 000 €) et le risque d'insolvabilité personnelle.
Conducteur poids lourd : quel est le seuil d'alcool ?
Depuis juillet 2015, le seuil est de 0,2 g/l pour tous les conducteurs de véhicules de transport en commun (bus, cars) et de véhicules de plus de 3,5 tonnes en transport routier. Le seuil 0,5 g/l ne s'applique qu'aux particuliers sur véhicule léger.
Livreur (Uber Eats, Deliveroo) : suspension = perte d'emploi ?
Oui de fait, car le contrat de prestation des plateformes exige un permis valide. La plupart des applications suspendent le compte sur simple signalement. Pour les livreurs en scooter ≤ 50 cm³ (permis AM), la suspension s'applique aussi au permis AM.
Ambulancier : alcool à 0,3 g/l = licenciement automatique ?
Oui, en pratique. Le secteur sanitaire applique une tolérance zéro de fait. Le conducteur ambulancier doit en outre détenir un agrément préfectoral qui peut être retiré après condamnation, même légère, pour faits en rapport avec la profession.
Mon employeur me demande de désigner le conducteur : dois-je obéir ?
Oui si l'entreprise vous identifie formellement comme conducteur de l'infraction. Refuser expose l'entreprise à 675 € d'amende (3 750 € en jugement) pour non-désignation et vous expose à des mesures disciplinaires internes. Si vous n'étiez pas le conducteur, vous devez écrire à l'employeur pour le lui signaler afin qu'il désigne le vrai responsable.
Chef d'entreprise : suis-je obligé de désigner un employé ?
Oui, depuis le 1er janvier 2017 (art. L121-6 CR). L'entreprise titulaire de la carte grise doit identifier le conducteur sous 45 jours. À défaut : 675 € (pour la personne morale, ×5 = 3 375 €), et l'infraction reste à payer par ailleurs. Vous pouvez désigner le conducteur présumé (qui peut contester à son tour) ou contester la non-désignation sur motif d'impossibilité de déterminer le conducteur malgré recherches.
Louer les véhicules de société évite-t-il les points pour les salariés ?
Non. Les loueurs professionnels sont eux aussi soumis à l'obligation de désignation (art. L121-6 CR) et transmettent systématiquement les coordonnées du locataire au service de traitement des PV. La stratégie « je loue pour éviter les points » ne fonctionne pas.
Dois-je tenir un carnet de bord de mes chauffeurs ?
Non légalement. Mais les juridictions apprécient positivement l'existence d'un carnet de bord, registre de mission ou fichier numérique horodaté pour les contestations. C'est un outil de défense pratique recommandé, non obligatoire.
Forfait annuel d'assistance juridique : est-ce rentable ?
Pour les flottes de 5 véhicules ou plus ou les entreprises avec salariés fréquemment verbalisés : oui. Les économies moyennes constatées sont de 30 à 50 % sur les honoraires unitaires avec un accompagnement systématique sur chaque PV. Le contrat est à négocier au cas par cas avec le cabinet.
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