Grand excès de vitesse : pourquoi c’est devenu un délit depuis décembre 2025

Grand excès de vitesse : pourquoi c’est devenu un délit depuis décembre 2025
Mis à jour le 18 avril 2026
Depuis le 29 décembre 2025, dépasser la vitesse maximale autorisée de 50 km/h ou plus n’est plus une contravention : c’est un délit. Conséquence directe : casier judiciaire, jusqu’à 3 ans de suspension, confiscation possible du véhicule, et une nouvelle amende forfaitaire délictuelle (AFD) de 300€ pour les primo-infracteurs. Cette réforme majeure durcit considérablement le régime des grands excès de vitesse. Voici tout ce que vous devez savoir, et surtout comment réagir si vous êtes concerné.
TL;DR — l’essentiel en 6 points
- Depuis le 29 décembre 2025 : ≥ 50 km/h au-dessus de la limite = délit (avant : contravention 5e classe)
- AFD 300€ pour primo-infracteurs (sans récidive dans les 5 ans)
- Récidive : jusqu’à 3 750€, 3 mois prison, 3 ans suspension, confiscation obligatoire
- 6 points retirés + stage obligatoire + immobilisation immédiate possible
- Casier judiciaire B2 : impact sur emploi (fonction publique, transport, sécurité)
- 45 jours pour contester (60 si électronique) — l’angle principal : erreur matérielle ou cinémomètre
Pourquoi cette réforme ?
Les grands excès de vitesse représentent une part importante des accidents mortels sur route. Jusqu’au 28 décembre 2025, un ≥ 50 km/h au-dessus de la limite restait une simple contravention de 5e classe (1 500€ max, 3 750€ en récidive). Le législateur a jugé cette qualification disproportionnée au regard du risque créé.
La loi du 9 juillet 2025 (n° 2025-622), entrée en vigueur sur ce volet le 29 décembre 2025, crée un nouveau délit autonome (article L413-1-1 du code de la route) assorti d’une amende forfaitaire délictuelle (AFD) pour fluidifier le traitement judiciaire tout en durcissant les peines potentielles.
Contravention ou délit : quelle différence concrète ?
Critère
Contravention (avant 29/12/2025)
Délit (depuis 29/12/2025)
Juridiction
Tribunal de police
Tribunal correctionnel
Amende max
1 500€ (3 750€ récidive)
3 750€
Prison
Non
3 mois (récidive)
Suspension permis
3 ans max
3 ans max
Confiscation véhicule
Facultative
Obligatoire en récidive
Casier judiciaire
Non (bulletin 2 vierge)
Oui (bulletin n° 2)
Amende forfaitaire
1 500€
300€ (AFD)
Points retirés
6
6
Le changement majeur : l’inscription au casier judiciaire (B2) qui peut bloquer des emplois dans la fonction publique, la sécurité, le transport, l’aviation, la finance, etc.
Quelles sont les vitesses concernées par le délit ?
Le délit s’applique dès que le dépassement hors marge technique atteint 50 km/h. La marge technique est de :
– 5 km/h pour les radars fixes jusqu’à 100 km/h
– 5% au-delà de 100 km/h
Exemples concrets
Limite
Vitesse mesurée
Vitesse retenue
Qualification
50 km/h
105 km/h
100 km/h
Délit (+50)
80 km/h
135 km/h
130 km/h
Délit (+50)
90 km/h
140 km/h
135 km/h
Contravention (+45)
110 km/h
166 km/h
158 km/h
Délit (+48 ≈ limite)
130 km/h
186 km/h
177 km/h
Contravention (+47)
Attention : seule la vitesse retenue (après marge) compte. Vérifiez toujours sur votre PV les deux valeurs.
Comment fonctionne l’amende forfaitaire délictuelle (AFD) de 300€ ?
L’AFD est une nouveauté majeure : elle permet d’éteindre l’action publique sans passer devant un tribunal, pour les primo-infracteurs.
Conditions pour bénéficier de l’AFD
- Première infraction de grand excès dans les 5 ans
- Absence de cumul avec alcool, stupéfiants, refus d’obtempérer
- Paiement sous 45 jours (60 en ligne)
- Pas de circonstances aggravantes (zone scolaire, manifestation sportive)
Que payer et quelles conséquences
- 300€ si paiement rapide (15 jours)
- 375€ au tarif forfaitaire
- 600€ si paiement tardif (majorée)
- 6 points retirés dans tous les cas
- Suspension administrative possible (décision préfet)
- Inscription B1 du casier dans la plupart des cas
Payer l’AFD = reconnaître le délit. Réfléchissez avant si vous avez des arguments de contestation.
Comment contester un grand excès de vitesse ?
Vous avez 45 jours (60 si contestation électronique via l’ANTAI) pour refuser l’AFD et saisir l’officier du ministère public (OMP).
Angles de contestation les plus efficaces
- Vice de forme du PV (mentions obligatoires absentes, signature, date)
- Homologation du cinémomètre expirée ou non produite
- Vérification annuelle du radar non effectuée
- Positionnement du radar non conforme (distance, angle)
- Identification du conducteur erronée (véhicule prêté, usurpation)
- Marge technique mal appliquée
- Signalisation défaillante en amont du contrôle
Procédure concrète
- Consigner le montant de l’amende (obligatoire pour contester une AFD)
- Remplir la requête en exonération (formulaire joint à l’avis)
- Joindre les pièces justificatives (photos, attestations)
- Envoyer en recommandé AR à l’OMP
- Attendre la décision : soit classement, soit convocation au tribunal correctionnel
Étape 1 : que faire immédiatement après le contrôle ?
Si vous venez d’être flashé ou intercepté pour un grand excès :
- Ne signez rien sans lire attentivement le PV
- Demandez une copie intégrale du procès-verbal
- Notez date, heure, lieu, identité des agents
- Si interception : demandez à voir le ticket du cinémomètre
- Exigez la notification de vos droits (contre-expertise, avocat)
- Photographiez la signalisation routière si possible
Étape 2 : comment éviter la confiscation du véhicule ?
La confiscation devient obligatoire en récidive et facultative au primo-délit. Elle peut concerner :
– Le véhicule avec lequel l’infraction a été commise
– Un véhicule dont vous êtes propriétaire, même non impliqué
Arguments pour éviter la confiscation
- Véhicule indispensable à l’activité professionnelle
- Copropriété du véhicule (époux, parent)
- Véhicule en leasing ou location longue durée
- Disproportion manifeste avec la gravité des faits
- Véhicule utilitaire nécessaire à une famille nombreuse
Quelles conséquences sur l’emploi et le casier ?
L’inscription au bulletin n° 2 (B2) du casier judiciaire bloque :
– Fonction publique (concours, emplois)
– Métiers de transport (permis D, transport de matières dangereuses)
– Sécurité privée (agréments CNAPS)
– Aviation, maritime, finance (agréments réglementés)
– Adoption, certaines naturalisations
Pour effacer un B2, il faut demander une réhabilitation judiciaire (3 à 5 ans après exécution de la peine).
FAQ — vos questions sur le grand excès délit
Je n’étais pas au volant, que faire ?
Désignez le conducteur réel via le formulaire ANTAI sous 45 jours. Attention : fausse désignation = délit (6 mois prison, 7 500€).
Mon permis probatoire, que devient-il ?
Le retrait de 6 points invalide quasi systématiquement le probatoire (capital 6 pts) : notification 48SI à suivre dans 1 à 3 mois.
L’AFD est-elle définitive ?
Oui, dès paiement. La contestation n’est plus possible après. D’où l’importance de consulter avant de payer.
Peut-on négocier une peine moindre au tribunal ?
Oui, via la CRPC (plaider-coupable) ou au cours de l’audience. Un avocat plaidera le casier vierge, la bonne conduite antérieure, l’activité professionnelle.
Le délit peut-il être effacé ?
Oui, amnistie (rare) ou réhabilitation (3 à 5 ans après exécution). Le délai est long : mieux vaut éviter la condamnation initiale.
Que se passe-t-il si je récidive dans les 5 ans ?
Doublement des peines : jusqu’à 7 500€, 6 mois prison, confiscation obligatoire, annulation du permis avec interdiction de le repasser pendant 3 ans.
Agissez vite : analyse gratuite de votre dossier
Hello Avocat (Cabinet Dehan-Schinazi) accompagne les conducteurs confrontés au nouveau délit de grand excès. 45 000 PV annulés depuis 2016, Prix Innovation 2016.
- Scannez votre PV ou avis d’AFD
- Analyse gratuite sous 24h — vérification cinémomètre, marge, vice de forme
- Prise en charge dès 49€ pour la contestation initiale
Pour les dossiers complexes (récidive, confiscation, CRPC), le Cabinet Dehan-Schinazi intervient en correctionnelle partout en France.
Aucune garantie de résultat — chaque contestation dépend des pièces et vices identifiables dans la procédure.
5/5 - (1 vote)