Vente d’alcool à emporter : bientôt les éthylotests obligatoires

Vente d’alcool à emporter : bientôt les éthylotests obligatoires

Réponses aux questions fréquentes

Quel est le seuil légal d'alcool au volant en France en 2026 ?

Le seuil est de 0,5 g/l de sang (ou 0,25 mg/l d'air expiré) pour un conducteur confirmé. Il descend à 0,2 g/l pour les titulaires d'un permis probatoire et les conducteurs professionnels de transport en commun. À partir de 0,8 g/l de sang (0,40 mg/l d'air expiré), la conduite en état d'ivresse devient un délit (art. L234-1 du Code de la route).

Que risque-t-on pour un taux d'alcool entre 0,5 et 0,8 g/l ?

C'est une contravention de 5e classe. Vous risquez une amende forfaitaire de 135 € (minorée à 90 €, majorée à 375 €, maximum judiciaire 750 €), le retrait de 6 points sur votre permis, une suspension judiciaire jusqu'à 3 ans, une rétention immédiate du permis pendant 120 heures (5 jours) et une suspension administrative possible par le préfet jusqu'à 6 mois.

Que risque-t-on pour un taux d'alcool supérieur à 0,8 g/l ?

À partir de 0,8 g/l, c'est un délit. Depuis la loi n° 2025-622 du 9 juillet 2025, les peines maximales sont 9 000 € d'amende et 3 ans de prison, avec retrait de 6 points, suspension administrative obligatoire de 6 mois minimum (1 an si accident), annulation judiciaire possible jusqu'à 5 ans, interdiction de conduire certains véhicules jusqu'à 5 ans et confiscation possible du véhicule.

Combien de temps dure la rétention de permis après un contrôle positif à l'alcool ?

La rétention du permis est de 120 heures (5 jours) en cas d'alcool, contre 72 heures pour les autres infractions (art. L224-2 Code de la route). Pendant ces 120 heures, le préfet doit décider d'une suspension administrative. Au-delà du délai sans décision, le permis est restitué de plein droit.

Quelle différence entre suspension administrative et suspension judiciaire ?

La suspension administrative est prononcée par le préfet dans les 72 h suivant la rétention pour un excès de vitesse de +de 40km/h et 120 h pour les infractions du type alcoolémie, stupéfiants ou autre, pour une durée variable entre 1 à 12 mois. La suspension judiciaire est prononcée par le juge lors du jugement pénal et peut aller jusqu'à 3 ans (5 ans en récidive). Les deux se cumulent mais la durée déjà effectuée administrativement est imputée sur la suspension judiciaire.

Quelles sanctions en cas de récidive d'alcool au volant dans les 5 ans ?

La récidive dans les 5 ans entraîne l'annulation automatique du permis (art. L234-13 CR), avec interdiction de le repasser pendant 3 ans minimum. Les peines principales sont doublées : 4 ans de prison, confiscation obligatoire du véhicule, obligation de s'équiper d'un éthylotest anti-démarrage (EAD) pendant 5 ans.

Puis-je refuser l'éthylomètre ?

Refuser le contrôle d'alcoolémie est un délit autonome aussi lourdement sanctionné que la conduite en état d'ivresse : 4 500 € d'amende, 2 ans de prison, retrait de 6 points, suspension jusqu'à 3 ans, annulation possible (art. L234-8 CR). Un refus ne vous protège pas : il aggrave votre situation.

Qu'est-ce que l'éthylotest anti-démarrage (EAD) et peut-il remplacer la suspension ?

L'EAD est un dispositif qui empêche le démarrage du véhicule si l'haleine contient de l'alcool. Depuis 2019, le procureur ou le juge peut proposer l'EAD en alternative à la suspension pour les taux entre 0,8 et 1,8 g/l, pour une durée de 6 mois à 5 ans. Le coût est à la charge du conducteur : 1 000 € à 2 000 €. Cela ne remplace pas la suspension, cela l'aménage.

Combien de temps pour récupérer les 6 points perdus pour alcool ?

Les 6 points sont restitués automatiquement au bout de 3 ans sans nouvelle infraction (délai standard des contraventions 4e-5e classe et délits). Vous pouvez aussi récupérer 4 points en une fois en suivant un stage de sensibilisation (1 stage max par an à une année d'intervalle).

Puis-je conduire entre la rétention et le jugement ?

Non, tant que la suspension administrative n'est pas levée vous ne devez pas conduire. Des solutions peuvent être tentées par le cabinet pour écourter ou aménager la suspension.

L'assurance peut-elle me suivre après un alcool au volant ?

Votre assureur a l'obligation de maintenir votre contrat jusqu'à son échéance annuelle. Il peut ensuite résilier pour « aggravation du risque » ou imposer une surprime de 150 à 400 % à la souscription d'un nouveau contrat. Cette information est inscrite dans le fichier AGIRA pendant 5 ans.

Un avocat peut-il vraiment changer l'issue d'une procédure alcool ?

Un avocat pénaliste du droit routier peut identifier des vices de procédure (défaut de calibration de l'éthylomètre, non-respect du délai de contrôle, absence d'information sur les droits, défaut de notification). Ces vices peuvent entraîner la nullité de la procédure et une relaxe. Dans les cas sans vice, l'avocat négocie la peine : CRPC, aménagement, EAD, suspension réduite, plaidoirie.

Quels vices de procédure peuvent être soulevés par la défense ?

Plusieurs irrégularités sont régulièrement invoquées pour faire tomber la procédure : le défaut de vérification annuelle de l'éthylomètre (arrêté du 8 juillet 2003), le non-respect de la notice d'emploi de l'appareil (art. R234-4 du Code de la route), l'absence de double mesure de l'air expiré (second souffle, art. R234-4 al. 2 CR), le non-respect du délai d'attente de 30 minutes après le dernier verre, le défaut de notification des droits du conducteur et la rupture de la chaîne de conservation du prélèvement sanguin. Chacun de ces vices, dûment établi, peut entraîner la nullité du contrôle et la relaxe.