Cumul alcool-stupéfiants : analyse des 9 points (loi 2025)

Cumul alcool-stupéfiants : analyse des 9 points (loi 2025)
Rédigé parDécouvrir le cabinet Dehan & Schinazi

Réponses aux questions fréquentes

Quel est le seuil légal d'alcool au volant en France en 2026 ?

Le seuil est de 0,5 g/l de sang (ou 0,25 mg/l d'air expiré) pour un conducteur confirmé. Il descend à 0,2 g/l pour les titulaires d'un permis probatoire et les conducteurs professionnels de transport en commun. À partir de 0,8 g/l de sang (0,40 mg/l d'air expiré), la conduite en état d'ivresse devient un délit (art. L234-1 du Code de la route).

Que risque-t-on pour un taux d'alcool entre 0,5 et 0,8 g/l ?

C'est une contravention de 4e classe (art. R234-1 du Code de la route). Vous risquez une amende forfaitaire de 135 € (minorée à 90 €, majorée à 375 €, maximum judiciaire 750 €), le retrait de 6 points sur votre permis et une suspension judiciaire jusqu'à 3 ans. La rétention immédiate du permis est réservée au délit (taux d'au moins 0,8 g/l, art. L224-1 du Code de la route), mais le préfet, saisi du procès-verbal, peut prononcer à titre provisoire un avertissement ou une suspension du permis (art. L224-7 du Code de la route).

Que risque-t-on pour un taux d'alcool supérieur à 0,8 g/l ?

À partir de 0,8 g/l, c'est un délit. Depuis la loi n° 2025-622 du 9 juillet 2025, les peines maximales sont 9 000 € d'amende et 3 ans de prison (art. L234-1 du Code de la route), avec retrait de 6 points, suspension administrative obligatoire prononcée par le préfet (jusqu'à 1 an, art. L224-2), suspension judiciaire jusqu'à 5 ans, annulation judiciaire possible avec interdiction de solliciter un nouveau permis pendant 5 ans au plus, interdiction de conduire certains véhicules jusqu'à 5 ans et confiscation possible du véhicule (art. L234-2).

Combien de temps dure la rétention de permis après un contrôle positif à l'alcool ?

La rétention du permis est de 120 heures (5 jours) en cas d'alcool, contre 72 heures pour les autres infractions (art. L224-2 Code de la route). Pendant ces 120 heures, le préfet doit décider d'une suspension administrative. Au-delà du délai sans décision, le permis est restitué de plein droit.

Quelle différence entre suspension administrative et suspension judiciaire ?

La suspension administrative est prononcée par le préfet dans les 72 h suivant la rétention (par exemple pour un excès de vitesse de 40 km/h ou plus) et dans les 120 h lorsque des vérifications d'alcoolémie ou de stupéfiants ont été effectuées ; sa durée ne peut excéder 6 mois, ou 1 an notamment en cas d'alcool, de stupéfiants ou d'accident corporel (art. L224-2 du Code de la route). La suspension judiciaire est prononcée par le juge lors du jugement pénal : jusqu'à 3 ans pour la plupart des infractions, jusqu'à 5 ans pour les délits d'alcool (art. L234-2) et de stupéfiants (art. L235-1). Les deux se cumulent mais la durée déjà effectuée administrativement est imputée sur la suspension judiciaire.

Quelles sanctions en cas de récidive d'alcool au volant dans les 5 ans ?

La récidive légale entraîne l'annulation de plein droit du permis (art. L234-13 CR), assortie, après l'obtention d'un nouveau permis, de l'interdiction de conduire un véhicule non équipé d'un éthylotest anti-démarrage (EAD) pendant 3 ans au plus. Les peines principales sont doublées (jusqu'à 6 ans de prison et 18 000 € d'amende) et la confiscation du véhicule dont le prévenu est propriétaire est obligatoire, sauf décision spécialement motivée (art. L234-12 CR).

Puis-je refuser l'éthylomètre ?

Refuser le contrôle d'alcoolémie est un délit autonome aussi lourdement sanctionné que la conduite en état alcoolique : depuis la loi n° 2026-798 du 18 août 2026, 3 ans de prison et 9 000 € d'amende, retrait de 6 points, suspension jusqu'à 3 ans, annulation possible (art. L234-8 CR). Un refus ne vous protège pas : il aggrave votre situation.

Qu'est-ce que l'éthylotest anti-démarrage (EAD) et peut-il remplacer la suspension ?

L'EAD est un dispositif qui empêche le démarrage du véhicule si l'haleine contient de l'alcool. Le juge peut prononcer l'interdiction de conduire un véhicule non équipé d'un EAD pendant 5 ans au plus (art. L234-2 CR), et le préfet peut, dans certains cas, imposer ce dispositif au stade administratif. Le conducteur peut alors continuer à conduire un véhicule équipé, à ses frais. Les conditions dépendent du dossier : un avocat peut solliciter cette mesure.

Combien de temps pour récupérer les 6 points perdus pour alcool ?

Le capital de points est rétabli automatiquement au bout de 3 ans sans nouvelle infraction ayant donné lieu à retrait de points (délai applicable aux contraventions de 4e et 5e classe et aux délits, art. L223-6 CR). Vous pouvez aussi récupérer 4 points en suivant un stage de sensibilisation, dans la limite d'un stage par an.

Puis-je conduire entre la rétention et le jugement ?

Non, tant que la suspension administrative n'est pas levée vous ne devez pas conduire. Des solutions peuvent être tentées par le cabinet pour écourter ou aménager la suspension.

L'assurance peut-elle me suivre après un alcool au volant ?

Oui. Selon votre contrat, l'assureur peut résilier le contrat ou appliquer une majoration de prime dans les limites fixées par le Code des assurances. Les condamnations et suspensions doivent être déclarées lors de la souscription d'un nouveau contrat, ce qui peut rendre l'assurance plus difficile à obtenir et plus coûteuse.

Un avocat peut-il vraiment changer l'issue d'une procédure alcool ?

Un avocat pénaliste du droit routier peut identifier des vices de procédure (défaut de calibration de l'éthylomètre, non-respect du délai de contrôle, absence d'information sur les droits, défaut de notification). Ces vices peuvent entraîner la nullité de la procédure et une relaxe. Dans les cas sans vice, l'avocat négocie la peine : CRPC, aménagement, EAD, suspension réduite, plaidoirie.

Quels vices de procédure peuvent être soulevés par la défense ?

Plusieurs irrégularités sont régulièrement invoquées pour faire tomber la procédure : le défaut de vérification périodique de l'éthylomètre (arrêté du 8 juillet 2003), le non-respect des conditions d'utilisation de l'appareil, le refus d'un second contrôle demandé par le conducteur (art. R234-4 CR), le non-respect du délai d'attente après la dernière consommation, le défaut de notification des droits du conducteur et la rupture de la chaîne de conservation du prélèvement sanguin. Chacun de ces vices, dûment établi, peut entraîner la nullité du contrôle et la relaxe.