Stupéfiants au volant
Un délit sans seuil toléré : la simple présence de substance suffit à constituer l'infraction. Une défense pénale s'impose dès la garde à vue.

La conduite après usage de stupéfiants est un délit prévu par l'article L. 235-1 du Code de la route, caractérisé sans qu'aucun taux minimum ne soit requis : la simple présence d'une substance classée comme stupéfiant suffit. Au-delà du cannabis, le dépistage vise notamment la cocaïne, l'ecstasy, les amphétamines, le crack et les opiacés. Depuis la loi du 9 juillet 2025, l'infraction est punie de 3 ans d'emprisonnement et 9 000 € d'amende, auxquels s'ajoutent le retrait de 6 points et de lourdes peines complémentaires.
Le cannabis peut rester plusieurs jours dans l'organisme : le délit peut donc être constitué lors d'un contrôle alors même que la dernière consommation remonte à plusieurs jours.
La sanction et ses peines complémentaires
Au-delà de la peine principale, le tribunal peut prononcer un éventail de peines complémentaires qui affectent durablement le droit de conduire et la situation personnelle :
- suspension du permis pour une durée pouvant atteindre cinq ans, sans possibilité d'aménagement professionnel
- annulation du permis avec interdiction de solliciter un nouveau titre jusqu'à cinq ans
- obligation d'accomplir un stage de sensibilisation à la sécurité routière et un stage sur les dangers des stupéfiants
- travail d'intérêt général, jours-amende et confiscation possible du véhicule
Lorsque le conducteur se trouve également sous l'empire d'un état alcoolique caractérisé, les peines sont aggravées à 5 ans d'emprisonnement et 15 000 € d'amende. Contrairement à une idée répandue, le cumul ne fait pas perdre 12 points (6 + 6) mais 8 points au maximum. L'inscription de la condamnation au casier judiciaire constitue par ailleurs une conséquence durable, susceptible d'affecter la vie professionnelle.
La procédure : du dépistage à la garde à vue
Le dépistage de la drogue au volant est encadré par l'article L. 253-2 du Code de la route. Il est obligatoire en cas d'accident de la route et peut par ailleurs être déclenché dans plusieurs situations : à la suite d'une infraction au Code de la route, lorsque les forces de l'ordre soupçonnent une consommation de stupéfiants, ou dans le cadre d'une opération de dépistage lancée par le procureur de la République.
Le contrôle peut prendre trois formes : le test salivaire, le test urinaire et l'analyse sanguine. Le test urinaire est particulièrement sensible : il peut révéler une consommation remontant à 2 à 7 jours chez un consommateur occasionnel, et jusqu'à 72 jours chez un consommateur régulier. Le dépistage débute généralement par un test salivaire ; en cas de résultat positif, une analyse de confirmation est réalisée pour caractériser l'infraction.
Dès le contrôle positif, les forces de l'ordre prennent une mesure de rétention du permis : elles le confisquent et privent le conducteur du droit de conduire pour une durée maximale de 72 heures. Le conducteur est ensuite le plus souvent placé en garde à vue, durant laquelle l'assistance d'un avocat est déterminante pour encadrer les déclarations et vérifier la régularité des opérations.
La suspension administrative du permis
À l'issue de la rétention, le préfet peut décider de suspendre le permis de conduire. Cette suspension administrative, matérialisée par un courrier portant la référence 3F, s'étale sur une période pouvant aller de 2 semaines à 6 mois, voire 1 an dans certains cas. Elle se distingue de la suspension judiciaire pouvant atteindre cinq ans prononcée par le tribunal. Pour reconduire à l'issue de la suspension, le conducteur doit se soumettre à un contrôle médical.
Le refus de dépistage
Refuser le dépistage de stupéfiants est lui-même un délit. L'article L. 235-3 du Code de la route le punit de 2 ans d'emprisonnement, 4 500 € d'amende et le retrait de 6 points. Le refus est donc fortement déconseillé : il ne fait pas disparaître la procédure et prive la défense des éléments qu'un contrôle régulier aurait pu révéler.
Le risque pour le permis probatoire
Pour un titulaire d'un permis probatoire, dont le capital de 12 points n'est pas encore acquis, le retrait de 6 points — a fortiori cumulé avec une alcoolémie positive — peut signifier l'invalidation pure et simple du permis pour solde de points nul. Cette invalidation est matérialisée par l'envoi d'un courrier portant la référence 48SI.
Les axes de défense
Ce type d'infraction conduit systématiquement devant une juridiction pénale. La défense porte notamment sur la régularité des conditions de dépistage et de prélèvement, le respect de la chaîne d'analyse et des délais, la fiabilité des résultats et la procédure de garde à vue. Les suites peuvent prendre la forme d'une comparution devant le Tribunal correctionnel, d'une ordonnance pénale ou d'une composition pénale ou comparution sur reconnaissance préalable de culpabilité (CRPC), cette dernière supposant de reconnaître au préalable sa culpabilité. Maître Dehan et Maître Schinazi vous représentent devant le Tribunal correctionnel, forment opposition à une ordonnance pénale le cas échéant, et interviennent en urgence dès le placement en garde à vue pour défendre au mieux vos intérêts.
Réponses aux questions fréquentes
Nous contacterQuel est le délai pour contester un PV ?
Le délai est de 45 jours pour l'amende forfaitaire (à compter de l'envoi de l'avis), 60 jours si vous avez opté pour la voie électronique, et 30 jours pour contester une amende forfaitaire majorée. Le délai court à partir de la date d'envoi (cachet de la Poste), pas de la date de réception. Nous pouvons parfois contourner les délais.
Comment contester un PV sur le site ANTAI ?
Rendez-vous sur antai.gouv.fr, saisissez votre numéro d'avis et d'immatriculation, choisissez le motif parmi les cas prédéfinis et joignez vos justificatifs. La consignation est obligatoire pour certaines infractions (art. 529-2 CPP) : elle ne vaut pas reconnaissance de culpabilité et est remboursée en cas de relaxe. Le plus simple est de nous saisir via HELLO AVOCAT et vous n'aurez rien à faire.
Qu'est-ce que la consignation et en quoi diffère-t-elle du paiement ?
Le paiement de l'amende éteint l'action publique et vaut reconnaissance de culpabilité avec retrait de points, sans possibilité de contestation. La consignation est un dépôt du même montant au Trésor public qui permet de saisir le juge, est remboursée en cas de relaxe et ne retire pas les points dans l'attente. Ne payez jamais si vous comptez contester.
Peut-on contester un PV après avoir payé ?
Non. Le paiement éteint l'action publique et vaut reconnaissance de culpabilité (art. 529-1 CPP). Les points sont retirés et l'infraction est définitive. Aucun recours ordinaire n'est possible après paiement, sauf erreur administrative manifeste (ex : PV attribué à la mauvaise personne).
Qu'est-ce que l'amende forfaitaire délictuelle (AFD) ?
L'AFD permet d'éteindre l'action publique pour certains délits sans passer par le tribunal : usage de stupéfiants (200 €, minorée 150 €, majorée 450 €) et grand excès de vitesse ≥ 50 km/h depuis le 29/12/2025 (300 €, minorée 250 €, majorée 600 €). Contester l'AFD requiert une réclamation motivée au procureur dans les 30 jours, ce qui renvoie devant le tribunal correctionnel. L'autre conséquence est également une inscription au casier judiciaire.
Non-désignation du conducteur salarié : quelle amende pour l'entreprise ?
Depuis 2017 (art. L121-6 CR), la personne morale titulaire de la carte grise doit désigner le conducteur salarié dans les 45 jours. À défaut : 675 € d'amende forfaitaire (jusqu'à 3 750 € en jugement), et l'infraction initiale reste à régler séparément. Nous avons des solutions pour contester ce type de PV, saisissez nous via Hello Avocat.
Quels sont les motifs de contestation les plus efficaces ?
Les motifs les plus efficaces sont les vices de procédure (défaut de signature du PV, lecteur non qualifié, matériel non homologué à la date des faits), le radar non vérifié (absence d'attestation annuelle de vérification), l'erreur d'identification (conducteur désigné par erreur, véhicule vendu), la force majeure (urgence médicale, évitement d'accident) et la nullité du contrôle d'alcool ou de stupéfiants, l'imprécision du lieu, il n'y a pas de recette miracle, chaque procédure est indépendante et spécifique.
Une contestation peut-elle aggraver ma situation ?
Oui. Si vous êtes reconnu coupable en jugement après contestation, l'amende peut être plus élevée que l'amende forfaitaire (plafond légal maximal) et des peines complémentaires peuvent être prononcées (suspension, points). C'est pourquoi nous évaluons la recevabilité et les chances avant de lancer la contestation. Cela peut toujours être utile lorsque des points sont en jeu.
Peut-on contester un PV de stationnement (FPS) ?
Les forfaits de post-stationnement (FPS) relèvent depuis 2018 d'une procédure administrative spécifique. La contestation se fait devant la CCSP (Commission du contentieux du stationnement payant) à Limoges, dans un délai de 1 mois après paiement du montant contesté (art. L2333-87-5 CGCT). Hello Avocat ne les prend pas en charge.
Combien de temps dure une procédure de contestation ?
En cas de relaxe ou classement sans suite : 2 à 4 mois en moyenne. Renvoi au tribunal de police : 6 à 24 mois. Renvoi au tribunal correctionnel (délits) : 9 à 18 mois. L'appel ajoute 6 à 18 mois supplémentaires. Pendant la procédure, vos points restent non retirés tant qu'une décision définitive n'est pas rendue.
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