Suspension du permis de conduire
Mesure administrative ou judiciaire qui vous prive temporairement du droit de conduire — durées, causes et recours expliqués par nos avocats en droit routier.

La suspension du permis de conduire est une mesure qui vous prive temporairement du droit de prendre le volant. Elle peut revêtir deux formes : administrative ou judiciaire. Ces décisions ne sont pas prises par les mêmes autorités : lorsqu'elle est administrative, la suspension est décidée par le préfet du département ; lorsqu'elle est judiciaire, elle est ordonnée par un juge.
Deux types de suspension : administrative et judiciaire
L'autre facteur qui différencie les deux formes de suspension est la durée. La suspension administrative n'excède pas 6 mois (jusqu'à 1 an au maximum en présence d'un facteur aggravant). La suspension judiciaire, quant à elle, est plus longue et obéit à des plafonds qui varient selon la gravité des faits.
Les infractions à l'origine d'une suspension administrative
La suspension administrative est prononcée par le préfet à la suite des manquements les plus graves au Code de la route. La liste suivante, non exhaustive, en réunit les principaux :
- Conduite sous l'emprise de stupéfiants.
- Conduite avec un taux d'alcoolémie délictuel.
- Refus de se soumettre aux tests de dépistage de l'alcool ou des stupéfiants.
- Excès de vitesse égal ou supérieur à 40 km/h au-dessus de la limite autorisée.
- Délit de fuite.
Suspension administrative pour raison médicale
Un problème de santé, ou l'usage de produits stupéfiants ou d'alcool, peut vous rendre inapte à conduire. Dans ce cas, le préfet peut solliciter l'avis d'une commission médicale et, au vu de ses conclusions, suspendre administrativement votre permis. La commission médicale rend son avis dans deux situations : d'une part lorsque votre permis a été invalidé et que vous devez vous soumettre à des tests médicaux pour le récupérer ; d'autre part lorsque vous êtes titulaire d'un permis spécifique, à validité limitée, qui vous oblige à passer des examens attestant de votre aptitude à conduire un véhicule particulier. Une suspension prononcée pour raison médicale peut courir pendant une année et être renouvelée à l'issue de ces 12 mois.
Les infractions à l'origine d'une suspension judiciaire
La suspension judiciaire sanctionne les infractions les plus graves, que le Code de la route énumère notamment ainsi (liste non exhaustive) :
- Article L234-2 : conduite sous l'emprise d'un état alcoolique.
- Article L235-1 : conduite sous l'emprise de produits stupéfiants.
- Article R413-14 : grand excès de vitesse.
- Article L231-1 : délit de fuite.
- Article L224-16 : conduite malgré une mesure de restriction du droit de conduire (annulation ou invalidation du permis).
La durée de la suspension judiciaire dépend de la gravité de l'infraction. Lorsque les faits n'impliquent ni blessures involontaires ni homicide, elle ne peut excéder 3 ans. Dans le cas contraire, elle peut courir jusqu'à 5 ans. La récidive ou le délit de fuite double ces plafonds, qui passent respectivement à 6 ans et 10 ans au maximum.
Suspension, rétention, annulation : ne pas confondre
La suspension du permis de conduire n'est pas la seule mesure qui vous prive du droit de prendre le volant. Elle ne doit pas être confondue avec la rétention de permis, qui intervient avant la suspension : les autorités confisquent votre permis pendant 72 heures en cas d'infraction grave au Code de la route (alcoolémie délictuelle ou grand excès de vitesse, par exemple). Elle se distingue également de l'annulation, sanction judiciaire définitive qui vous oblige à repasser les épreuves du permis.
Conduire malgré une suspension : les sanctions
Prendre le volant malgré une mesure de suspension est qualifié de délit par le Code de la route. Cette infraction vous expose à 2 ans d'emprisonnement, à une amende de 4 500 € et au retrait de 6 points sur votre permis. À cela peuvent s'ajouter plusieurs peines complémentaires :
- La confiscation de votre véhicule.
- L'annulation du permis de conduire pour une durée pouvant aller jusqu'à 3 ans.
- Une peine de travail d'intérêt général.
- Une peine de jours-amende.
- L'obligation de suivre, à vos frais, un stage de sensibilisation à la sécurité routière.
Recours possibles contre une suspension
Face à une suspension administrative, un recours gracieux auprès du préfet ou un recours contentieux devant le tribunal administratif peut permettre d'en réduire la durée, voire d'en obtenir l'annulation. Face à une suspension judiciaire, nos avocats interviennent en amont de l'audience pénale pour défendre vos intérêts et négocier les modalités de la sanction.
Comment le cabinet vous accompagne
Maître Dehan et Maître Schinazi analysent gratuitement votre dossier, identifient les éventuelles irrégularités de procédure et engagent les recours adaptés. Leur intervention couvre aussi bien le volet administratif que pénal, avec une priorité absolue : vous permettre de retrouver le volant dans les meilleurs délais.
Réponses aux questions fréquentes
Nous contacterQuelle différence entre suspension, annulation, invalidation et rétention ?
La rétention (72 h ou 120 h) est une mesure conservatoire sur le terrain par les forces de l'ordre. La suspension administrative est décidée par le préfet, max 6 mois (1 an si aggravation). La suspension judiciaire est prononcée par le juge pénal, max 3 ans (5 ans en récidive). L'annulation judiciaire efface le permis et oblige à repasser le code et la conduite. L'invalidation (48SI) est la décision administrative automatique pour solde de points nul.
Combien de temps dure une rétention de permis ?
72 heures pour la plupart des infractions (excès de vitesse ≥ 40 km/h, téléphone, refus de priorité) et 120 heures pour alcool et stupéfiants (temps d'analyses laboratoire). Au-delà de ce délai sans décision préfectorale, le permis est restitué de plein droit.
Qui prononce la suspension administrative et combien de temps ?
Le préfet prononce la suspension administrative dans les 72 h suivant la rétention (art. L224-7 CR). La durée maximale est de 6 mois (cas général) ou 1 an si accident corporel, état alcoolique manifeste ou récidive. Depuis le 11 juillet 2025, la suspension est obligatoire (non plus facultative) en cas d'alcool ou stupéfiants.
Peut-on conduire pendant une suspension administrative ?
Non. La conduite malgré suspension administrative est un délit : 2 ans de prison, 4 500 € d'amende, 6 points supplémentaires, confiscation possible du véhicule (art. L224-16 CR). Seul un référé devant le tribunal administratif peut en obtenir la suspension, avec preuve d'urgence.
Quelle différence entre permis blanc et référé-suspension ?
Le permis blanc n'existe plus en France depuis 2004 pour les délits routiers (alcool, stupéfiants, grand excès). Le référé-suspension (tribunal administratif) permet de suspendre temporairement une décision administrative (suspension préfectorale, 48SI) en attendant le jugement au fond, sous conditions d'urgence et de doute sérieux sur la légalité. Cette procédure n'est pas privilégiée par le cabinet et d'autres solutions sont possibles. La peine peut être aménagée devant le juge judiciaire.
Combien de temps pour repasser le permis après annulation judiciaire ?
La durée d'interdiction est fixée par le juge : de 3 ans à 10 ans selon la gravité et les antécédents. Après cette période, vous devez repasser le code et la conduite (catégorie B), passer un examen médical (commission médicale préfectorale), passer des tests psychotechniques obligatoires et souscrire une nouvelle assurance (surprime fréquente +200 %).
Puis-je obtenir un « permis aménagé » pour raisons professionnelles ?
Non, plus pour les délits routiers. Il existe deux exceptions limitées : la dérogation préfectorale exceptionnelle (rarissime, uniquement en suspension courte < 2 mois avec impératif professionnel vital) et le fractionnement de peine (le tribunal peut accepter une suspension « week-end uniquement » pour certaines professions lors du jugement).
L'assurance peut-elle résilier après une suspension ?
Votre assureur doit maintenir le contrat jusqu'à échéance annuelle. Il peut ensuite résilier ou imposer une surprime de 150 à 400 %. L'information est inscrite au fichier AGIRA pendant 5 ans.
Je n'ai jamais été notifié de ma suspension : est-elle valable ?
Non, la notification est une condition de validité. L'absence de notification régulière (remise en main propre ou LRAR) peut faire tomber la procédure. Si vous apprenez la suspension par un contrôle routier ultérieur, la défense peut invoquer le défaut de notification.
Combien de points retire une suspension administrative ?
La suspension administrative en elle-même ne retire pas de points. Ce sont les infractions qui retirent les points. La suspension est une mesure conservatoire ; la suspension judiciaire et l'annulation sont des peines prononcées lors du jugement.
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