Puis-je perdre mon permis de conduire si je conduis avec des médicaments qui altèrent la vigilance ?

Puis-je perdre mon permis de conduire si je conduis avec des médicaments qui altèrent la vigilance ?

Réponses aux questions fréquentes

Mon médecin m'a prescrit un anxiolytique. Puis-je conduire normalement ?

Pas nécessairement. Vérifiez le pictogramme présent sur la boîte du médicament : un pictogramme orange (niveau 2) recommande de ne pas conduire sans avis médical, un pictogramme rouge (niveau 3) l'interdit. Demandez explicitement à votre médecin ou pharmacien si votre traitement est compatible avec la conduite. Si vous conduisez malgré un état d'altération manifeste des capacités constaté par les forces de l'ordre, vous vous exposez à des sanctions, y compris une suspension de permis, indépendamment du fait que le médicament vous ait été prescrit régulièrement.

Je prends de la morphine pour une douleur chronique. Suis-je en infraction si je conduis ?

Oui, potentiellement. La morphine est une substance classée comme stupéfiant. L'article L. 235-1 du Code de la route réprime la conduite après usage de telles substances, y compris lorsqu'elles sont issues d'un médicament légalement prescrit. L'infraction est constituée par la seule présence de la substance dans votre organisme, sans qu'il soit nécessaire de démontrer une altération effective de vos capacités. La prescription régulière ne constitue pas une exonération automatique, mais peut être prise en compte par le tribunal pour la détermination de la peine.

Que risque mon permis de conduire en cas de conduite sous médicaments altérant la vigilance ?

Pour les médicaments contenant des substances classées comme stupéfiants, le retrait est de 6 points sur le permis, et le tribunal peut prononcer une suspension ou une annulation du permis à titre de peine complémentaire. Pour les médicaments non stupéfiants ayant entraîné un état d'incapacité constaté, les sanctions dépendent de la qualification retenue. En cas d'accident avec blessures, des poursuites pour blessures involontaires peuvent s'ajouter, avec des peines plus lourdes. Dans tous les cas, une suspension administrative provisoire peut intervenir dès le contrôle.

Puis-je contester un procès-verbal si j'ignorais que mon médicament était dangereux pour la conduite ?

Cet argument est recevable mais d'une portée limitée. Il est plus solide si votre médicament n'affiche pas de pictogramme de dangerosité et si aucune information ne vous a été donnée par votre médecin ou pharmacien. En revanche, si un pictogramme de niveau 2 ou 3 figurait sur la boîte, ou si votre médecin vous avait averti, l'argument est difficile à tenir. Consultez un avocat pour analyser les circonstances précises de votre situation et identifier les arguments disponibles.

Le pictogramme sur la boîte de médicament a-t-il une valeur juridique ?

Oui. Le pictogramme de dangerosité routière est obligatoire sur les médicaments susceptibles d'altérer la vigilance. Sa présence établit que le conducteur était informé — ou aurait dû l'être — du risque lié à la conduite sous ce traitement. Devant le tribunal, un pictogramme rouge (niveau 3, interdit de conduire) sur la boîte du médicament consommé constitue un élément défavorable sérieux, en ce qu'il prouve que l'incompatibilité avec la conduite était clairement signalée.