Contester un PV
Un procès-verbal peut être annulé pour vice de procédure, erreur de fait ou défaut de forme. Nos avocats identifient les failles que vous ne voyez pas.

Tout conducteur a le droit de contester un procès-verbal. La procédure est encadrée par les articles 529 à 530-1 du Code de procédure pénale. Elle passe depuis 2023 principalement par la plateforme dématérialisée antai.gouv.fr, avec un délai strict de 45 jours à compter de la date d'envoi de l'avis (60 jours pour la notification électronique).
Les principaux motifs d'annulation
- Vice de forme : date, heure ou lieu erronés sur l'avis de contravention
- Erreur d'application de la marge technique du radar (5 km/h ou 5 % pour les radars fixes ; 10 km/h ou 10 % pour les radars mobiles embarqués)
- Défaut de vérification métrologique annuelle de l'appareil (arrêté du 4 juillet 2019)
- Absence de signalisation préalable obligatoire (radars tronçon, radars feux rouges)
- Cliché illisible ou plaque non identifiable
- Conducteur différent du titulaire de la carte grise
- Vol, destruction, cession ou usurpation de plaque
PV à la volée ou après interpellation : deux situations distinctes
Un PV est dit « à la volée » lorsqu'un agent se sert de votre plaque d'immatriculation pour vous verbaliser sans vous avoir arrêté. Dans ce cas, vous pouvez notamment faire valoir que vous n'étiez pas au volant au moment des faits, le titulaire de la carte grise n'étant pas nécessairement le conducteur. En cas d'interpellation directe par les forces de l'ordre, la contestation devient plus difficile : votre marge de manœuvre se réduit aux éventuels vices de forme ou de procédure entachant le procès-verbal.
Les infractions relevables par radar
Trois infractions seulement peuvent être constatées par radar :
- L'excès de vitesse
- Le franchissement d'un feu rouge
- Le franchissement d'un passage à niveau malgré l'interdiction
Contester une amende de stationnement
Le stationnement gênant, abusif ou dangereux vous expose à des peines variables, allant de la simple amende à la suspension du permis de conduire pour les cas les plus graves. Pour contester, joignez l'original de l'avis de contravention (en en conservant une copie) et appuyez-vous sur des justificatifs solides : témoignages, photographies de la signalisation ou de l'emplacement, tout élément démontrant l'absence d'infraction.
La contestation suspend-elle le retrait de points ?
Oui. Tant que la contestation est pendante devant l'OMP ou le tribunal, aucun point n'est retiré de votre permis. Le retrait n'intervient qu'une fois la condamnation définitive prononcée ou l'amende payée sans contestation.
Contester par voie papier
À côté de la plateforme antai.gouv.fr, la voie postale reste possible. Adressez à l'Officier du Ministère public une requête en exonération par lettre recommandée avec accusé de réception, dans le délai de 45 jours pour une amende forfaitaire ou de 30 jours pour une amende majorée. Joignez le formulaire de requête en exonération annexé à la contravention et cochez la case « Autre motif de contestation ». Vous devez accompagner votre envoi d'un chèque libellé à l'ordre du Trésor public : il s'agit de la consignation, remboursée si la contestation aboutit.
Quand faire appel à un avocat ?
La présence d'un avocat n'est pas obligatoire devant l'OMP, mais devient indispensable en cas de renvoi devant le tribunal, de solde de points précaire, de permis probatoire ou de vice de procédure technique complexe (homologation radar, chaîne de mesure). Le cabinet Dehan & Schinazi analyse votre dossier gratuitement et identifie les 30+ motifs d'annulation connus.
Réponses aux questions fréquentes
Nous contacterQu'est-ce que l'ordonnance pénale ?
L'ordonnance pénale est une procédure simplifiée permettant au juge unique de prononcer une peine sans audience publique ni débat contradictoire (art. 495 CPP). Très utilisée pour alcool, stupéfiants et excès de vitesse, vous recevez la décision par courrier et disposez de 45 jours pour faire opposition (= demander une audience publique classique).
Ordonnance pénale : dois-je l'accepter ou faire opposition ?
L'acceptation est pertinente quand la procédure est rapide, la peine clémente. Attention le retrait de points est parfois implicite. L'opposition permet un nouveau jugement avec possibilité de plaider, mais comporte le risque d'une peine plus lourde ou plus légère selon l'argumentation. Elle est souvent pertinente en présence d'un vice de procédure identifié, d'une peine inadaptée ou en l'absence de reconnaissance de culpabilité ou pour tout simplement différer l'exécution de la peine. Attention au délai: 30 jours à compter de la réception pour une ordonnance du tribunal de Police, 45 jours à compter de la réception pour une ordonnance pénale délictuelle.
Qu'est-ce que la CRPC ?
La Comparution sur Reconnaissance Préalable de Culpabilité (art. 495-7 CPP) est une procédure où le procureur propose une peine au prévenu qui reconnaît les faits, hors audience publique. La peine proposée est plafonnée à la moitié de la peine encourue sans excéder 3 ans de prison, l'assistance d'un avocat est obligatoire et vous disposez de 10 jours pour réfléchir avant acceptation.
Dois-je accepter une CRPC ?
L'acceptation offre rapidité: une peine connue d'avance et pas de publicité. Le refus renvoie devant le tribunal correctionnel classique avec possibilité de plaidoyer complet mais risque inverse. Ne signez jamais une CRPC sans avoir vu le dossier pénal complet et consulter un avocat.
Comment fonctionne la comparution volontaire ?
La comparution volontaire permet de demander au parquet d'être jugé rapidement, sans attendre la convocation officielle. Elle est à l'initiative du prévenu et de son avocat et est souvent utilisée pour faire déduire une suspension administrative déjà prononcée de la peine judiciaire à venir.
Convocation au tribunal : quelles différences entre tribunal de police et correctionnel ?
Le tribunal de police juge les contraventions (4e et 5e classe). Le tribunal correctionnel juge les délits (alcool > 0,8 g/l, stupéfiants, grand excès ≥ 50 km/h, homicide routier, blessures involontaires) et peut juger les contraventions. La cour d'appel traite les appels des décisions de police et du correctionnel.
Dois-je me présenter à l'audience si j'ai un avocat ?
Pour les audiences correctionnelles (délits), votre présence est souhaitée mais non obligatoire, un mandat de représentation étant encadré. Pour le tribunal de police (contraventions), l'avocat peut représenter sans votre présence. Pour l'ordonnance pénale et la CRPC, il n'y a pas d'audience publique. Ne vous présentez jamais sans avocat ni préparation. Votre présence est nécessaire de même qu'en composition pénale.
Que se passe-t-il si je ne me présente pas à ma convocation ?
Le jugement est rendu par défaut avec une peine souvent maximale. Un mandat d'amener ou d'arrêt est possible pour les délits graves. Si vous êtes introuvable, la peine devient définitive par signification à parquet. Exemple : alcool au volant à 1,2 g/l jugé en votre absence = 4 000-6 000 € + 6 mois à 1 an de prison avec sursis + annulation du permis.
Quel est le délai de prescription d'une infraction routière ?
Les contraventions se prescrivent en 1 an. Les délits (alcool, stupéfiants, grand excès, délit de fuite) se prescrivent en 6 ans. L'homicide routier (loi 2025) se prescrit en 6 ans. Les crimes routiers, rarissimes en la matière, se prescrivent en 20 ans. Le délai court à partir du jour de l'infraction, interrompu par tout acte d'enquête ou de poursuite.
Qu'est-ce qu'une composition pénale routière ?
La composition pénale (art. 41-2 CPP) est une alternative aux poursuites proposée par le procureur : mesures (amende, stage, TIG, suspension) acceptées par le prévenu en échange de l'extinction de l'action publique. Utilisée pour alcool, excès de vitesse et outrages. L'assistance d'un avocat est fortement conseillée.
Première analyse offerte
Votre permis est en jeu ? Reprenez la main dès aujourd'hui.
Décrivez votre situation à notre assistant ou demandez un devis : un avocat du cabinet examine votre dossier sans engagement.