Radars urbains : quelles infractions sont contrôlées en ville et comment réagir

Radars urbains : quelles infractions sont contrôlées en ville et comment réagir
Par Maître Yohan Dehan / Maître Allan Schinazi, avocats au Barreau de Paris. Mis à jour le 13 octobre 2026.
Les radars dits « urbains » sont des appareils de contrôle automatisé installés en agglomération, dans des cabines compactes ou sur du mobilier urbain. Selon leur équipement, ils peuvent constater la vitesse, le franchissement d'un feu rouge, et le droit permet aussi la constatation automatisée du téléphone tenu en main, de la ceinture ou de la ligne continue. Un avis issu d'un tel radar peut être contesté, dans le délai indiqué sur l'avis.
Points clés
- Les constatations faites par un appareil de contrôle automatique homologué font foi jusqu'à preuve du contraire (article L130-9 du Code de la route).
- La liste des infractions constatables ainsi figure à l'article R130-11 du Code de la route, dans sa rédaction en vigueur depuis le 29 décembre 2025.
- Un radar urbain ne change pas les sanctions : l'amende et les points dépendent de l'infraction constatée, pas du type d'appareil.
- Le seul réflexe sûr est de respecter la signalisation : on ne peut jamais savoir de l'extérieur si un appareil est en fonctionnement.
- Avant de payer ou de contester, il faut examiner l'avis, la photographie, le lieu et la procédure.
Qu'est-ce qu'un radar urbain ?
Il n'existe pas de définition légale du « radar urbain » dans le Code de la route. L'expression désigne, dans le langage courant, les nouveaux dispositifs de contrôle automatisé conçus pour la ville : des cabines plus petites que les radars tourelles, que l'on peut fixer sur un mât ou un équipement urbain existant.
Juridiquement, ce qui compte n'est pas l'apparence de l'appareil, mais deux conditions : l'appareil doit être homologué, et l'infraction constatée doit figurer dans la liste réglementaire. C'est ce qui donne à la constatation sa force probante.
Quelles infractions un appareil de contrôle automatique peut-il constater ?
L'article R130-11 du Code de la route énumère les infractions pour lesquelles les constatations effectuées par ou à partir d'appareils de contrôle automatique homologués font foi jusqu'à preuve du contraire. Dans sa version en vigueur depuis le 29 décembre 2025 (décret n° 2025-1269 du 22 décembre 2025), il vise notamment :
| Infraction | Texte visé par l'article R130-11 |
|---|---|
| Non-port de la ceinture de sécurité | article R412-1 |
| Usage du téléphone tenu en main | article R412-6-1 |
| Usage des voies et chaussées réservées | article R412-7 |
| Circulation sur les bandes d'arrêt d'urgence | article R412-8 |
| Distances de sécurité entre les véhicules | article R412-12 |
| Franchissement ou chevauchement des lignes continues | article R412-19 |
| Signalisations imposant l'arrêt (feu rouge, notamment) | articles R412-30 et R415-6 |
| Vitesses maximales autorisées | articles L413-1 et R413-14 |
| Dépassements | articles R414-4, R414-6 et R414-16 |
| Engagement dans une intersection | article R415-2 |
| Casque des deux-roues motorisés | article R431-1 |
Cette liste indique ce que le droit permet de constater de façon automatisée. Elle ne signifie pas que chaque radar urbain contrôle toutes ces infractions : chaque appareil est homologué pour des fonctions déterminées.
Quelles sanctions pour les infractions les plus fréquentes ?
Excès de vitesse. L'article R413-14 du Code de la route fixe le retrait de points ainsi :
| Dépassement de la vitesse maximale autorisée | Points retirés |
|---|---|
| de 5 km/h à moins de 20 km/h | 1 point |
| de 20 km/h à moins de 30 km/h | 2 points |
| de 30 km/h à moins de 40 km/h | 3 points |
| de 40 km/h à moins de 50 km/h | 4 points |
Un dépassement de moins de 50 km/h est une contravention de quatrième classe. Toutefois, lorsque le dépassement est inférieur à 20 km/h et que la vitesse maximale autorisée est supérieure à 50 km/h, l'amende est celle de la troisième classe. À partir de 30 km/h de dépassement, des peines complémentaires sont encourues : suspension du permis jusqu'à trois ans, interdiction de conduire certains véhicules, stage de sensibilisation à ses frais.
Un dépassement de 50 km/h ou plus est un délit (article L413-1) : trois mois d'emprisonnement et 3 750 euros d'amende sont encourus, avec une réduction de plein droit de la moitié du nombre maximal de points. Il peut donner lieu à une amende forfaitaire délictuelle de 300 euros (article L413-1, IV) ou, à défaut, à des poursuites devant le tribunal correctionnel. Des peines complémentaires sont également encourues, notamment la suspension du permis, l'annulation du permis ou la confiscation du véhicule, selon les cas.
Téléphone tenu en main. Selon l'article R412-6-1, l'infraction est punie de l'amende des contraventions de quatrième classe, avec une réduction de trois points. La suspension du permis jusqu'à trois ans est encourue à titre de peine complémentaire.
Feu rouge. Le franchissement d'un feu rouge est sanctionné sur le fondement de l'article R412-30. Le montant de l'amende et le nombre de points figurent sur l'avis reçu ; nous vous conseillons de les vérifier avec un avocat avant de décider de payer.
Quelle est la valeur d'un avis issu d'un radar ?
Un avis issu d'un radar ne bénéficie de la force probante particulière de l'article L130-9 que si la constatation provient d'un appareil homologué. C'est ce qui peut être vérifié en cas de contestation.
Que faire si je reçois un avis issu d'un radar urbain ?
- Lire l'avis : date, heure, lieu, infraction reprochée, vitesse mesurée et retenue le cas échéant, délai de réponse.
- Vérifier la photographie si elle est accessible : le véhicule et la plaque sont-ils bien les vôtres ?
- Ne pas payer par réflexe. Le paiement de l'amende forfaitaire établit la réalité de l'infraction (article L223-1) et entraîne la réduction du nombre de points prévue pour cette infraction. À défaut de paiement ou de requête en exonération dans les quarante-cinq jours, l'amende forfaitaire est majorée de plein droit (article 529-2 du Code de procédure pénale).
- Si vous n'étiez pas le conducteur, ou si le véhicule appartient à une société, la désignation du conducteur obéit à des règles précises à respecter dans le délai de l'avis.
- Contester dans le délai indiqué sur l'avis, par la voie prévue. Un délai dépassé peut priver du droit de contester.
L'article L130-9 permet de combattre la présomption par la preuve contraire. Selon les cas, l'examen peut porter sur l'homologation et la vérification de l'appareil, la signalisation sur place, l'identité du conducteur ou la régularité de l'avis. Chaque dossier doit être étudié au cas par cas, sans garantie d'issue.
Comment éviter les infractions en ville ?
- Respectez les limitations de vitesse affichées, notamment dans les zones à 30 km/h.
- Approchez les feux en anticipant leur passage au rouge.
- Ne tenez jamais votre téléphone en main au volant.
- Bouclez la ceinture à toutes les places équipées.
- Les applications d'alerte peuvent aider, mais ne remplacent pas la vigilance.
FAQ
Un radar urbain peut-il constater plusieurs infractions ? Cela dépend de l'appareil et de son homologation. Le droit prévoit plusieurs infractions constatables automatiquement ; chaque équipement est homologué pour certaines fonctions.
La constatation du radar est-elle indiscutable ? Non. Elle fait foi jusqu'à preuve du contraire (article L130-9 du Code de la route).
Combien de points perd-on pour 10 km/h de trop ? Un point, selon l'article R413-14 (dépassement de 5 km/h à moins de 20 km/h).
À partir de quand l'excès de vitesse devient-il un délit ? À partir de 50 km/h au-dessus de la vitesse maximale autorisée (article L413-1).
Faut-il un avocat pour contester un avis ? Ce n'est pas obligatoire pour une contravention, mais un avocat en droit routier peut examiner l'avis, évaluer les moyens de défense et défendre vos droits.
Besoin d'aide ?
Le cabinet Dehan Schinazi, avocats au Barreau de Paris, intervient en droit routier. Avec l'application Hello Avocat, vous pouvez soumettre votre avis pour un premier examen de votre situation.

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